La zone morte de la cuisine : micro-ondes, métal et 2,4 GHz
Les interférences du micro-ondes durent exactement le temps du pop-corn. L’ombre métallique dure toute la journée. Voici comment les distinguer et corriger chacune correctement.
La réponse pratique aux interférences du micro-ondes avec le Wi‑Fi commence par le trajet entre le routeur et la pièce qui doit rester connectée.
Les cuisines échouent de deux façons totalement différentes, souvent confondues. La première est une interférence : pendant trois minutes, le temps de réchauffer quelque chose, votre appel vidéo meurt puis revient seul. La seconde est une ombre radio : le coin près du réfrigérateur est mauvais depuis votre emménagement, quelle que soit l’heure. Les tests et les corrections diffèrent, et un relais n’aide que pour l’un des deux problèmes.
Deux problèmes identiques depuis le canapé#
Chronométrez la panne. Cette seule observation sépare les diagnostics.
Si elle suit une horloge — pendant le réchauffage, à l’heure du dîner, quand le lave-vaisselle fonctionne — vous avez une interférence ou une saturation. Votre signal est correct ; un autre appareil parle par-dessus.
Si elle est permanente à un endroit précis — au bout du plan de travail, sur le tabouret près du réfrigérateur, sur la tablette fixée au mur — vous avez un problème de couverture. Le métal bloque le trajet et aucun silence sur les ondes ne vous aidera.
De nombreuses cuisines ont les deux problèmes. Corrigez-les dans cet ordre : le test d’interférence est gratuit, tandis que la correction de couverture coûte de l’argent.
Ce que fait réellement un micro-ondes au 2,4 GHz#
Un micro-ondes domestique chauffe les aliments avec un magnétron fonctionnant à 2,45 GHz environ. La bande Wi‑Fi 2,4 GHz va approximativement de 2,40 à 2,48 GHz. Ce ne sont pas deux bandes voisines : c’est la même portion du spectre, et le four y injecte des centaines de watts tandis que le routeur n’en émet qu’une fraction.
Les fours sont blindés, et les limites de fuite auxquelles ils doivent satisfaire protègent les personnes contre la chaleur, pas la propreté des communications radio. Quelques milliwatts s’échappant d’un joint de porte sont négligeables pour le corps, mais énormes pour un récepteur qui tente d’entendre un signal à -70 dBm.
Trois détails expliquent les symptômes :
- L’émission est large et dérive. Un magnétron n’est pas un émetteur propre. Sa sortie s’étale sur une grande partie de la bande et se déplace à mesure que le tube chauffe ; les dégâts touchent donc surtout le milieu et le haut du 2,4 GHz, où se trouvent les canaux 6 et 11. Le canal 1, centré à 2 412 MHz, est le plus éloigné de la fréquence centrale du four et en subit généralement le moins les effets.
- Elle est pulsée. Les fours classiques allument et éteignent le magnétron au rythme du courant alternatif : l’interférence arrive par impulsions plutôt que comme une tonalité continue. Le Wi‑Fi peut glisser des paquets entre ces impulsions ; la liaison se dégrade en saccades et tentatives répétées au lieu de se couper d’un coup. Les modèles à inverseur fonctionnent en continu à puissance réduite et peuvent être plus réguliers, donc pires.
- Elle diminue rapidement avec la distance. L’effet est sévère dans un rayon d’environ 1,8 m, généralement perceptible jusqu’à 3 ou 4,5 m, et normalement disparu après un mur. Un joint de porte usé ou sale sur un vieux four élargit ce rayon.
L’acier inoxydable et l’ombre derrière le réfrigérateur#
L’autre problème de la cuisine est géométrique. Le métal n’atténue pas le signal comme un mur : il le réfléchit. Il n’y a pas de perte progressive à budgéter, seulement une ombre nette derrière l’objet ; or la cuisine moderne est la pièce la plus métallique de la maison.
| Équipement de cuisine | Effet | Traduction pratique |
|---|---|---|
| Réfrigérateur ou congélateur en inox | Réfléchit presque tout | Une boîte métallique de 1,8 m ; traitez-la comme un mur intérieur |
| Façades de four et de lave-vaisselle encastrés | Réfléchissent | Tout ce qui se trouve derrière ou dedans est dans l’ombre |
| Hotte et crédence en acier | Réfléchissent | Un panneau métallique à hauteur de tête |
| Îlot avec appareils intégrés | Réfléchit | Un bloc métallique au milieu de la pièce |
| Plan de travail en granit ou quartz | 8–12 dB | Important pour un appareil placé dessous |
| Carrelage sur panneau ciment | 8–12 dB | Pire que la plaque de plâtre remplacée |
| Trame chauffante électrique sous le sol | À considérer comme opaque | Coupe le trajet depuis l’étage inférieur |
| Micro-ondes en marche | Relève le plancher de bruit | Toutes les barres, mais rien ne fonctionne |
Deux conséquences méritent d’être appliquées. Un réfrigérateur entre le routeur et le tabouret du petit-déjeuner n’est pas un petit obstacle : contournez-le comme un mur de maçonnerie ; les valeurs par matériau pour tout ce qui n’est pas métallique figurent dans la perte de signal selon le matériau. Et le 5 GHz souffre davantage ici que le 2,4 GHz : la bande qui évite le micro-ondes est celle qui traverse le moins bien le carrelage et la pierre. Ce compromis résume tout le problème du Wi‑Fi dans la cuisine.
Déterminer la partie liée aux ombres sur un plan#
Le métal est l’élément que le plan de la cuisine représente bien. Dessinez la pièce dans Range Up, puis ajoutez le réfrigérateur, l’îlot et la rangée d’appareils encastrés comme de courts segments de mur. L’application ne propose pas de matériau métallique distinct — elle utilise un matériau pour toute la construction, plus une valeur de perte du mur que vous pouvez augmenter — mais les dessiner comme des murs interrompt le trajet comme le font les appareils réels. La couverture prédite projette alors les mêmes ombres que votre cuisine ; le tabouret où aucun appel ne tient plus n’est plus un mystère. Placez le routeur à son véritable emplacement, indiquez la cuisine comme pièce à couvrir et laissez l’application comparer les prises des pièces voisines avant de proposer son choix à côté de la couverture actuelle.
Un plan ne peut pas modéliser le micro-ondes. L’interférence est une question de radio en direct, et Range Up simule les bâtiments au lieu d’écouter les ondes : pas d’analyse du spectre, de balayage ni de test de débit. Séparez donc les tâches : le test du four de cinq minutes règle la moitié interférences, et le plan règle la moitié ombres. Dessinez votre cuisine dans Range Up ou consultez d’abord le guide de placement.
Questions fréquentes#
Un micro-ondes brouille-t-il vraiment le Wi‑Fi ?
Oui, et uniquement la bande 2,4 GHz. Le magnétron fonctionne autour de 2,45 GHz, au cœur du même spectre que le Wi‑Fi 2,4 GHz ; la petite quantité qui franchit le blindage reste bien plus forte que le signal que votre appareil tente d’entendre. L’effet est maximal dans un rayon d’environ 1,8 m, généralement perceptible jusqu’à 3 ou 4,5 m, et normalement disparu après un mur.
Quel canal Wi‑Fi est le moins touché par un micro-ondes ?
Le canal 1, centré à 2 412 MHz, car il est le plus éloigné de la fréquence centrale de 2,45 GHz du four. Les canaux 6 et 11 sont plus proches du milieu et du haut de la bande où les fuites se concentrent. Dans un immeuble chargé, la saturation des voisins peut toutefois compter davantage que le four : utilisez le canal 1 comme départage, pas comme règle absolue.
Pourquoi mon four connecté se déconnecte-t-il chaque soir ?
Parce qu’il s’agit d’une radio limitée au 2,4 GHz installée dans une enceinte métallique ; elle se trouve donc souvent autour de -80 dBm, sans marge. À l’heure du dîner, le micro-ondes fonctionne, le trafic du foyer atteint son maximum et les réseaux voisins aussi : l’ensemble la fait passer sous le niveau nécessaire. Elle se reconnecte généralement la nuit, d’où l’impression d’une panne quotidienne.
Un réfrigérateur en acier inoxydable bloque-t-il le Wi‑Fi ?
Oui, pratiquement complètement. Le métal réfléchit les fréquences 2,4 et 5 GHz au lieu de laisser passer une version affaiblie ; un réfrigérateur pleine hauteur équivaut donc à une section de mur intérieur de 1,8 m sur votre plan. Faites passer le signal autour, comme vous le feriez avec un mur de maçonnerie.